Ce n'est qu'un au revoir

Bonjour, vous !

L'information est désormais officielle, je tenais donc à la partager avec vous: le Département genevois des institutions et du numérique m'a nommé au poste de délégué au numérique du canton de Genève. Je succéderai ainsi à Alexander Barclay le 1er septembre, cinq ans après la création de cette fonction qui consiste à accompagner l'évolution de la stratégie numérique cantonale.

Cette étape fait sens pour moi. Les Genevoises et les Genevois ont adopté le 18 juin 2023 un droit à l'intégrité numérique dans leur constitution cantonale. J'ai participé, avec mon ami Alexis Roussel, à alimenter les réflexions sur ce sujet ces dernières années, et je me réjouis de continuer à discuter de la manière d'appréhender ce nouveau principe fondamental au sein même de l'administration publique.

Une telle fonction s'accompagne d'un devoir de réserve. C'est la raison pour laquelle je mets un terme à cette infolettre dès maintenant. J'espère être à la hauteur de cette opportunité, car les défis sont grands, l'actualité récente nous le prouve encore. Nos sociétés sont confrontées à des bouleversements d'une ampleur inédite. Les difficultés sont, je le crains, devant nous.

Je quitte le journalisme avec une pointe de nostalgie. J'ai profondément aimé ce métier et je l'ai exercé avec passion. J'y reviendrai peut-être un jour, je l'ignore. Je lui souhaite un avenir radieux, même si la profession est aujourd'hui confrontée à d'immenses périls, en tête desquels l'essor de l'intelligence artificielle générative et son cortège de restructuration.

C'est une semaine un peu particulière pour moi. Mon fils est né lundi, en pleine canicule d'une ampleur historique. Sa grande sœur est née en octobre 2022. Nous n'avons pas connu depuis un seul été sans vague de chaleur. De tels événements étaient beaucoup moins fréquents le siècle dernier. Ils sont désormais la norme, et promettent de gagner encore en intensité. Nous mesurons aujourd'hui à quel point les pays d'Europe centrale ne sont pas préparés à cette nouvelle réalité climatique.

Je suis donc évidemment préoccupé par la situation, ce d'autant plus que le lobby des centres de données a fait tomber le masque quelques jours avant la hausse des températures: l'Union européenne serait selon lui tenue de choisir entre la poursuite de ses objectifs climatiques et le développement de l'intelligence artificielle.

Alors que les guerres se multiplient aussi, nous assistons à la fin d'un monde et du fantasme qui le caractérisait: celui d'une croissance infinie. Nos enfants seront appelés à assumer les arbitrages que nous n'avons pas eu le courage de faire nous-mêmes. Voici, aujourd'hui, mon état d'esprit. Plus que jamais, je crois en l'importance de s'engager, à tous les niveaux, pour défendre un projet collectif dans lequel chacun peut apporter sa contribution. Pour ce faire, nous devons lutter contre les stratégies qui visent à nous diviser, à individualiser les enjeux.

Je vous remercie de m'avoir lu jusqu'ici. Vos réactions, nombreuses, m'ont beaucoup apporté. Je reste atteignable par les canaux habituels si vous souhaitez échanger !

A la revoyure !

Recommandation

Si vous souhaitez lire des contenus proches de ce que j'ai pu partager dans cette infolettre, je vous propose ici quelques noms à suivre (liste largement non exhaustive):

Merci de m'avoir lu, et à bientôt en d'autres lieux.

Grégoire Barbey